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L'ORIGINE DE LA VIOLENCE
Fabrice Humbert |
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Rentré en France, il retrouve son père, sa famille, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie. Ce détenu, nommé David Wagner, se révèle être son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche Wagner, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence. Et c’est le destin croisé de ces deux familles, deux générations plus tôt, lorsque l’ambitieux David Wagner rencontra le riche Marcel Fabre et sa femme Virginie, qui éclate alors au grand jour, ainsi que les terribles conséquences que la liaison entre David et Virginie entraîna. Au cours de sa quête à travers la France et l’Allemagne, dans la nouvelle vie qu’il tâche d’inventer avec une Allemande qu’il vient de rencontrer, le jeune homme se rend compte qu’on ne se débarrasse pas si facilement du passé – ni du sien ni de celui de sa famille. Lorsqu’on remonte à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer. L’Origine de la violence est un roman ample, maîtrisé de part en part, dans lequel l’intrigue oscille entre le présent du narrateur et les éléments du passé qu’il révèle. Sa forme originale, teintée d’une part d’autofiction, permet à Fabrice Humbert d’aborder ici, avec beaucoup de respect et de subtilité, sans faux-semblants ni manichéisme, une page parmi les plus sombres de l’histoire. |
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« Secret de famille
Comment une photo permet-elle de remonter le temps Fabrice Humbert, dans L’Origine de la violence (Le Passage), le démontre d’une manière implacable C’est avant tout une histoire de famille. De grande famille de Normandie : « Nous, les Fabre, notre famille est une construction, un bâtiment arc-bouté, sans failles, parce que nous colmatons les fêlures. » Le narrateur de cette famille Fabre, où députés, hauts fonctionnaires et préfets se reproduisent à chaque génération, est le « canard sauvage » de cette lignée : l’intellectuel. C’est lui qui découvrira la fêlure, qui fera tomber le château de cartes de la respectabilité. Ce troisième libre de Fabrice Humbert se lit comme un « roman noir ». Il y a d’abord une victime à la mort atroce sur la colline sacrée de l’Ettersberg près de Weimar – là où Goethe et Schiller allaient « converser » : c’était le 20 avril 1942, à Buchenwald. Lors d’un voyage de classe à Weimar, le narrateur, jeune professeur dans un lycée franco-allemand, découvre sur un mur du camp « la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie ». Comme cela se fait-il, alors qu’il sait qu’aucun membre de sa famille n’a été déporté ? Rentré à Paris, autour d’un « foie de veau » d’une brasserie célèbre, il parle de son trouble à son père. Ce dernier ne comprend pas. Mais son fils n’en reste pas là, il veut savoir. Alors commence son enquête… Elle est passionnante. Fabrice Humbert décortique tout. Il rencontre des témoins. Fait parler. Petit à petit tout s’éclaire, le puzzle se reconstruit. La fêlure de la famille apparaît. Son père Adrien est un bâtard : il est le fils de David Wagner (oui, homonyme avec le médecin de Buchenwald Erich Wagner), que ce dernier a eu avec Virginie, la femme de Marcel Fabre, père officiel d’Adrien. Ce détenu sur la photo du camp n’est autre que David Wagner, le vrai grand-père du narrateur. Comment est-il arrivé dans ce camp en 1941, avant les rafles de 1942 ? Qui a dénoncé le Juif David Wagner ? La réponse glace le sang « tant elle révèle une incommensurable bêtise ». Et pourquoi le médecin du camp Erich Wagner assassine-t-il un détenu qui porte le même nom que lui ? Toutes les révélations qui apparaissent, petit à petit, dans ce roman époustouflant donnent froid dans le dos. Le mal, la violence sont comme des lignes de la main qui annoncent tous les événements qui disent la vérité. Il ne faut pas tout dévoiler de ce roman qui contient sur Buchenwald des pages plus fortes – peut-on écrire plus belle ? – que celles qu’on a pu lire dans Les Bienveillantes de Jonathan Littell. Il y a chez Fabrice Humbert une humanité plus intense dans la mesure où cette histoire familiale chamboule tout. Dans la mesure où cette histoire de « mal absolu » vient casser la façade honorable des apparences. On reste abasourdi par ce torrent de violence souterraine qui peut couler sous les sourires et la bienséance. Un grand livre, vraiment. » André Rollin Le Canard enchaîné, mercredi 7 janvier 2009 « L'Origine de la violence, de Fabrice Humbert : une peur monstre Les monstres aiment se cacher dans la chambre des enfants. On les devine dans l'obscurité mais ils restent discrets. Rarement, ils avouent la raison de leur présence. Ils laissent l'enfant avec sa peur et quelques visions fragmentaires d'une incompréhensible violence originelle. Pour remonter leur piste, il faut ouvrir la nuit, chercher du côté des pères et des grands-pères. Des adultes rechaussent parfois leurs chaussons et partent en quête de leurs anciennes terreurs nocturnes : c'est le cas dans le roman de Fabrice Humbert. L'Origine de la violence est un voyage à la poursuite d'un monstre indéchiffrable, perdu dans le Paris des années 1930 et les camps de concentration. C'est une histoire de fantômes, un écho brutal de la Shoah à travers les générations. Réponse historienne à la disparition contemporaine des survivants ? Certainement pas. Mais réponse de romancier, voyage sur les traces de la peur enfantine, bien sûr. Ce n'est pas une étude, c'est un portrait de monstre. Quand le troisième roman de Fabrice Humbert, auteur notamment d'une subtile Biographie d'un inconnu (Le Passage, 2008), s'enferme dans une mémoire qu'on lui rapporte, il le fait à la manière de ces enfants qui regardent finalement sous leur lit. Il ne vérifie pas qu'il n'y a personne, il veut être sûr que le monstre est bien là. A la décharge du jeune professeur, personnage principal et narrateur de L'Origine de la violence, il marche vers l'abîme, mais sans le savoir. Lors d'un voyage scolaire en Allemagne, il a reconnu un visage sur une photo, au musée de Buchenwald : celui de son père qui n'a pourtant pas vécu la guerre. Hanté par cette vision paradoxale, il exhume un secret de famille, une histoire d'infidélité et d'amour. C'est alors qu'il comprend que le monstre de son enfance est toujours là. Qu'il se manifeste sous la forme d'une obsession pour la violence, la sienne, celle des autres, qui le pousse à écrire. "Une violence sans bornes ni limites, une violence qui chemine sourdement à travers les époques, levant par instants sa tête sifflante et serpentine. Et même si l'origine a pu se trouver dans ce destin familial, la violence a été convoyée jusqu'à moi, sans doute tapie dans les silences de mon père. Par ces étranges et fascinants cheminements de l'enfance, cette plaque sensitive qui lègue pour toute la vie une conscience, la violence m'a été livrée en héritage. Je suis mon grand-père livré aux bourreaux, je suis mon père frémissant d'une violence suicidaire, je suis l'héritier d'une immense violence qui traverse mes rêves et mes récits." Plutôt que de subir le baiser de cette violence originelle à bout de souffle, pris de vertige, il l'embrasse. Il l'étreint parce qu'il se sent coupable. Il veut l'étouffer. Il plonge dans le Mal sans hésiter. Et quand, à Berlin, sur les traces de son grand-père, il rencontre la petite-fille d'un haut fonctionnaire nazi, il l'entraîne avec lui, et tombe amoureux. IRRADIATION DU MAL En bon écrivain réaliste, Fabrice Humbert a les personnages qu'il mérite, plus grands que nature. Le roman est là, dans l'irradiation du Mal, dans ce narrateur aussi téméraire que son auteur, toujours sur le fil - car le talent de L'Origine de la violence est funambule. Ecrire un roman sur le Mal et la Shoah est aussi périlleux qu'écrire sur l'amour et sur le sexe : au mieux, on risque le ridicule. Le miracle de ce roman, c'est que l'auteur garde son équilibre sans jamais baisser les yeux. Les funambules regardent toujours devant eux. Chez Fabrice Humbert, pas d'hésitation, pas de précaution ni de rétention oratoire. Dans l'entonnoir de son obsession, le roman entraîne tout. Ce qui ressemblerait ailleurs à un brouet de considérations et d'anecdotes périphériques devient ici la matière et la colonne vertébrale du récit. Le roman est total. L'audace de Fabrice Humbert est au mépris des genres, de la taille et des coupes. L'Origine de la violence est à la fois une chronique naturaliste, un roman de (la dé-)formation, et un récit protéiforme qui joue sur des registres universitaire, historique, autobiographique, mythologique et poétique. Antonin Artaud côtoie Hannah Arendt, Harry Potter s'invite à l'incendie du Reichstag, et Ronsard ("Il faut, mon Duc, la dépouille attacher,/Toute sanglante au-dessus de la porte") répond au chêne de Goethe, seul arbre épargné par les Nazis au moment de la construction du camp. Le tour de force de Fabrice Humbert est remarquable parce qu'il est au premier degré, sans ironie : dans sa distance et sa facilité, celle-ci ne dirait pas le Mal, elle ne dirait pas la violence. Elle se contenterait de la dessiner en creux, de la souffler au souffleur. L'Origine de la violence regarde le Mal dans les yeux, et peu importe qu'il se brûle. » Nils C. Ahl Le Monde des livres, vendredi 9 janvier 2009 « Une défense et illustration magistrale du pouvoir de la fiction, dont les droits restent imprescriptibles quand ils sont exercés avec dignité, intelligence et talent. » Grégoire Leménager Le Nouvel Observateur « Fabrice Humbert confirme, avec ces saisissants portraits d’hommes et ces bouleversantes pages sur l’Holocauste, sa stature d’écrivain. » Muriel du Brusle Femmes « Un très grand livre. » Bastien Bonnefous 20 minutes « Une belle écriture réaliste, puissante et claire : (…) L’Origine de la violence est le roman du moment. » Jean-François Kervéan Gala « L’un des romans les plus aboutis et les plus prenants de ce début d’année. » Michel Vagner L’Est républicain « La révélation. Un livre saisissant autour d’un secret de famille. » France Cavalié Télé 7 jours « Un roman magistral. » Aliette Armel Le Magazine littéraire « Un livre bouleversant. » Philippe Vallet France Info – Le Livre du jour « Un grand roman familial multiple et unique. » Bernard Lehut RTL « Combinant parfaitement les élans romanesques et la réflexion historique, L’Origine de la violence se lit comme un puissant hommage à la mémoire des morts. » Alexandre Fillon Lire « C’est la révélation de ce début d’année ! Un livre coup de poing. Effroyable. Dérangeant. L’Origine de la violence (…) mérite de devenir votre livre de chevet tout au long de l’été qui s’annonce… » François Busnel L’Express |
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